La fin des banques est-elle possible ?

« La guerre couve dans le secteur bancaire, mais les banques n’en sont pas vraiment conscientes, et ceux qui avancent leurs pions ne dévoilent pas toutes leurs intentions ». C’est sur ce message poignant que démarre l’ouvrage prophétique de Philippe Herlin (Apple, Bitcoin, Paypal, Google : La Fin des Banques ?). Cette révolution silencieuse semble être le fait d’une révolution digitale considérable. Cette bataille rangée est conduite par de nombreux avatars du financement participatif, du Peer-to-Peer lending, du Bitcoin et de bien d’autres technologies subversives dont notre connaissance est bien souvent étriquée.

Aujourd’hui le système bancaire traverse une période noire. On peut raisonnablement constater une triple crise qui frappe le secteur de plein fouet.

Une crise de confiance se fait sentir pour les banques…

Une crise de confiance est à l’œuvre dans les économies développées. En effet, les banques et assurances ont été tenues responsables des crises financières et spécialement celle des supbrimes. Dans son livre intitulé Comprendre la Crise, Alexis Tremoulinas jette la lumière sur le caractère trop affranchi du système bancaire et la « myopie au désastre » dont il s’est rendu coupable dans la genèse de cette crise. En envenimant le marché avec des titres de crédit défectueux, ces banques ont catalysé la situation de credit crunch. Ce fléau a secoué les Etats-Unis et l’Europe en particulier. Par ailleurs, les banques se sachant soutenues par les gouvernements et les Etats Fédéraux ont fait montre d’une faible aversion au risque et d’une forte propension à la spéculation. Les ménages ont par conséquent développé une défiance à l’égard de ces institutions vétustes. Selon un sondage d’Harris Interactive (« The Harns Poll 2013 Reputation quotient« ), parmi les 10 entreprises les moins appréciées des ménages américains 4 sont des banques (BoA, Goldman, AIG, JP Morgan).

Ces éléments permettent ainsi de parler d’une réelle crise de confiance qui frappe le système bancaire et financier dans son ensemble. La vulnérabilité du système bancaire italien ou grecque en est également une bonne illustration.

… conjuguée à une crise de structure…

Parallèlement, le système bancaire et financier est actuellement empêtré dans une crise de structure. Cette dernière tient notamment au fait de l’endettement démesuré et parfois irresponsable des institutions bancaires et financières. Ces banques bien souvent « too big to fail » selon l’expression de S. McKinney deviennent de moins en moins flexibles et moins enclines à l’innovation à l’inverse des fintechs. Elles sont par ailleurs soumises à un cadre réglementaire de plus en plus coercitif. On peut citer les contraintes sur les fonds propres des accords de Bale 3. On peut aussi évoquer les règlementation KYCs – Know Your Customer – qui astreignent les banques à des lourdes formalités administratives concernant le suivi des clients. Enfin, il est à noter que les institutions bancaires et financières s’effacent de plus en plus devant l’importance massive des banques centrales dans la détermination des politiques monétaires.

Relayée par une crise morale et judiciaire

Ces institutions sont enfin impliquées de plus en plus fréquemment dans des délits de taille (HSBC, BNP…). Leur réputation s’est encore galvaudée avec la responsabilité avérée du système bancaire dans les problèmes d’évasion fiscale (Panama Papers). Ces déboires donnent aujourd’hui du grain à moudre aux discours altermondialiste et aux grands détracteurs d’un système financier fougueux et peu lisible. Ces effets combinés fragilisent ainsi l’image des banques traditionnelles. Par ailleurs, ces banques demeurent de plus en plus concurrencées par des fintechs portées par un engouement général autour de l’entrepreneuriat et des startups.

Dans ce contexte, il est ainsi possible d’envisager une fin des banques telles que nous les connaissons. Que sera donc la banque de demain ?

 

Les banques, descente aux enfers ?

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