L’immobilier à l’heure du digital

Le marché de l’immobilier a tardé à prendre le pas sur les nouvelles technologies. Il reste en effet toujours en proie à des contrôles et des lourdeurs administratives. Les professions relatives à ce marché sont tout aussi hermétiques à un changement rapide. Par ailleurs, la volatilité qu’on prête à ce marché pourrait avoir tendance à freiner les initiatives de rupture sur ce marché. Pourtant, les trois dernières années ont vu l’essor d’un certain nombre d’innovations sur ce marché séculier.

L’immobilier disrupté : Des agences aux marketplaces 2.0

D’un marché strictement contrôlé avant 1945, la loi dite de 1948 vient apporter une liberté dans la fixation des loyers sur les logements neufs et rénovés. L’immobilier devient alors un terrain de jeu pour les investisseurs. Les années de forte croissance qui s’ensuivent sont un théâtre de construction et de spéculation immobilière. La « pierre » devient le nouvel appât d’une nouvelle bourgeoisie naissante. Les années 1960 ainsi signent les « 20 Glorieuse de l’immobilier ». Les 700 000 rapatriés d’Algérie en 1962, l’explosion des naissances sont profitables aux propriétaires de biens qui font rapidement appel à des agences pour gérer la location et obtenir les meilleurs rendements.

En 2013, la France compte environ 27 000 agences. Parallèlement les années 2000 sont marquées par les progrès d’internet et notamment l’ère des comparateurs online. Des méta-agence comme MeilleursAgents, Drimki, Paradissimo ou Efficity donnent un souffle à ces entités devenues vétustes. Rapidement, des startups prennent le relais et foncent sur le créneau de l’agence en ligne épargnant locataires et propriétaires de prérogatives réglementaires (SeLoger, PAP…). Des initiatives encore plus consumer-centric comme Estately, Somhome en vont jusqu’à développer des « Tinder de l’immobilier ».

Le Big Data au coeur de la machine

Plus récemment encore, les avancées de l’intelligence artificielle ont ouvert de larges antres sur le marché de l’immobilier. Une problématique majeure dans l’immobilier est de savoir précisément ce que vaudra un bien à échéance de plusieurs années. Il est néanmoins possible d’approcher sensiblement des prévisions grâce à l’utilisation de données en masse. La démocratisation des data transactionnelles (cf. Service Patrim, l’ouverture progressive des bases de notaires permettent aux entreprises du secteur d’exploiter une source intarissable d’informations directement exploitables.

L’enjeu pour ces startups est de pouvoir prédire à la rue près le prix d’un bien dans X années. Les Etats-Unis ont un temps d’avance sur ce créneau, en témoigne la Startup Zillow (SeLoger dans sa version US) qui fournit une prévision du prix des biens dans un an. La Startup OpenDoor va encore plus loin dans l’utilisation du Big Data. L’acteur américain prédit de manière chirurgicale la valeur qu’elle va pouvoir tirer d’un bien et propose directement une offre de rachat en ligne au propriétaire. Sous réserve d’un bon état des lieux, l’argent est directement reversé au propriétaire. La startup a déjà levé 320 millions de dollars. Son homologue français Homeloop tente d’amorcer la même révolution digitale sur le secteur immobilier français.

En somme, l’immobilier est un marché propice à l’innovation. De nombreux acteurs viennent réédifier ce marché au demeurant bridé et contrôlé. Cette disruption vertueuse a encore de belles promesses à offrir. La réalité virtuelle et la domotique vont rapidement ouvrir de nouvelles opportunités et dessiner les contours de l’immobilier de demain.

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