crises financières

Mieux comprendre les crises financières en parcourant l’histoire

Les crises économiques ont toujours préoccupé la pensée économique. D’origines agricoles ou frumentaires jusqu’à la fin du 18ème siècle (selon C.-E. Labrousse), ces crises font peau neuve dès le début du 19ème siècle et mettent en jeu des mécanismes de plus en plus complexes. Les entités institutionnelles sont dorénavant incriminées. Par exemple, Milton Friedman considère la crise de 1929 comme une résultante des erreurs de politique économique aux Etats-Unis. La Federal Reserve System aurait en effet procédé à une contraction de la masse monétaire entre 1929 et 1933, ce qui a eu pour double effet de provoquer une déflation et une contraction de l’activité. Les banques également jouent le rôle de catalyseur dans ces marasmes, et ce, dès la fin du 19ème siècle. C’est du moins ce qu’illustrent les faillites en cascade des institutions Jay Cook & Co., de l’Union Générale puis de la Barings à cette période.

Ces crises d’un genre nouveau atteignent leur paroxysme dans la crise des Subprimes dont nous peinons aujourd’hui encore à sortir. Comment éclatent-elles ? Comment se propagent-elles ? Pour comprendre le rouage de ces crises financières localisées ou globales, nous nous arrêterons sur quelques exemples peu connus de notre Histoire mais riches en enseignement.

La Crise des trusts de 1907 aux Etats-Unis , un exemple marquant de l’effet domino de la faillite

À New-York, les trusts (ou sociétés fiduciaires) étaient des institutions chargées d’administrer les patrimoines et les successions des clients fortunés. Les trusts étaient moins régulés que les banques nationales et avaient des obligations de réserve et de liquidités moindres qu’elles. La panique de 1907 commença par la disparition de Knickerbocker trust qui fit faillite après une spéculation en bourse importante et mal menée. En deux jours, une dizaine de trusts firent faillite, déclenchant une contraction du crédit et une chute de la Bourse. Cette crise est symptomatique de l’exposition parfois déraisonnée des institutions financières et des problématiques de maillage propre à nos crises contemporaines.

La Crise de la dette mexicaine en 1982, un phénomène corroborant les dérives d’une dérèglementation financière mal maîtrisée

Entre 1980 et 1982 la dette extérieure du Mexique augmente de façon spectaculaire. En 1982 on dénombre 550 banques créancières du Mexique. À la suite du retournement de la politique monétaire américaine en 1979, le cours du dollar et les taux d’intérêt s’envolent, et le Mexique ne peut plus faire face à ses engagements. Par conséquent l’économie mexicaine entame une récession du fait du rapatriement des capitaux étrangers. La crise se propage aux autres pays d’Amérique Latine, puis à l’échelle mondiale : le Mexique, le Brésil et l’Argentine avaient une dette vis-à-vis des banques américaines qui représentaient à elle seule 135 % du capital de ces banques. Cette crise est emblématique de l’atonie dans laquelle sont enferrées certaines économies européennes.

La Crise asiatique de 1987, soulève les problèmes d’opacité et d’asymétries d’information

Le 2 juillet 1997, les autorités thaïlandaises décident de laisser flotter le baht car sa parité avec le dollar n’était plus tenable, celui-ci connaissant une forte appréciation. Ceci créant la panique parmi les investisseurs, une chute de la confiance a entraîné un retrait massif des capitaux. La crise s’est propagée dans les différents pays de la zone (Philippines, Malaisie, Indonésie…) qui connut une dépréciation des taux de change et une chute du cours de ses actions. La crise asiatique était peut être considérée comme une crise de la finance privée. Quand les monnaies se sont laissées flottées, les investisseurs étrangers ont rapatrié leurs capitaux. Ceci a empêché les banques de rembourser leur dettes. Cette situation a engendré une crise des liquidités ; les banques ont été dans l’incapacité de financer l’économie. Cette crise souligne les carences de transparence qui peuvent exister entre les différents acteurs d’une économie en développement.

Ces problèmes d’opacité sont aujourd’hui monnaie courante et jouent un rôle important dans le déclenchement des crises. Ces dernières doivent nous servir de leçon et inviter les dirigeant est les institutions à une prudence constructive.

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