Innovations immobilières et Smarticities sur les devants de la scène française ?

Ce Samedi 17 juin le Salon Vivatechnology ouvrait ses portes au public pour présenter les fleurons de l’innovation française. De nombreuses startups ont brillé pour présenter leur concept. Parmi ces pépites éclairées, les startups relatives à l’immobilier connecté et aux smartcities se font fait la part belle. Avec un peu de recul, les startups de l’immobilier connaissent un essor notoire. Elles ont levé à l’échelle mondiale 2.7 milliards sur l’année 2016. Par ailleurs elles ont déjà dépassé 3 milliards depuis le début de l’année. La France comptabilise déjà de belles levées avec récemment Meero (4M€), Travauxlib (2M€), Homeloop ou Hostnfly.

Une gamme de service de plus en plus pertinente autour de la chaîne de l’immobilier…

De la location à la vente, en passant par la rénovation et la valorisation, chaque expérience est aujourd’hui revisitée par des entreprises innovantes du secteur. L’industrie voit essaimer une myriade de logiciels (comme Softlaw qui analyse les documents juridiques), de marketplaces (à l’instar d’Hostnfly qui permet aux propriétaires de pratiquer la location de courte durée avec un service qualitatif) ou de nouvelles technologies de type hardware ou IOT. Tous les segments du secteur sont en proie à une révolution à leur échelle.

La construction prend un nouveau visage avec les vertus du “sur-mesure” et l’optimisation des procédés dans le bâtiment. L’immobilier collaboratif que défend la startup Habx entend pouvoir donner l’opportunité à tout habitant du futur de concevoir en ligne son futur habitat. Toutes les innovations que l’on reconnaît à l’écobâtiment permettent par ailleurs d’optimiser l’isolation et la consommation d’énergie.

L’ameublement est également une thématique abordée de concert par bon nombre de startups. On peut mentionner Hopfab ou Zeeloft qui diffusent l’offre de meubles d’artisans qualifiés et assurent tout le service d’expertisation et livraison du bien. Pour sa part, Breekoler permet d’avoir accès à des monteurs / démonteurs qui feront le travail des moins bricoleurs.

La location et l’achat-revente de biens immobiliers sont aussi l’apanage d’une pléthore de startups de cet univers. La rupture amenée par Airbnb sur le marché immobilier s’est accompagnée en France de l’émergence de conciergeries qualifiées. Ces dernières ont pour vocation d’assurer de façon automatique et intelligente la gestion de la location. Hostmaker, Guestready, Bnbsittor… Mais surtout Hostnfly qui a fait le pari d’utiliser le Big Data pour trouver la meilleure adéquation entre l’offre et la demande, et ce au meilleur prix. Par ailleurs, ces progrès dans le domaine du Big Data ont aussi permis de mieux valoriser les biens immobiliers. Corrélativement ils ont permis d’opérer de manière plus certaine les transactions. Sur le modèle de l’Américain OpenDoor, la pépite française Homeloop rachète votre bien en ligne pour ensuite le valoriser et le revendre.

Toutes ces startups révolutionnent de concert cet écosystème immobilier, tant et si bien qu’elles parviennent à édifier les “Smartcities” tant idéalisées.

…Pour permettre aux Smartcities d’être toujours plus intelligentes et en phase avec les besoins auxquelles elles font face

La population urbaine sera supposée représenter 60 à 80% de la population mondiale en 2050. Pour répondre aux besoins croissants des villes et à leur empreinte écologique sans cesse augmentées, ces villes doivent s’organiser et repenser leur organisation interne. De fait, toutes ces initiatives sur le marché immobilier permettent de créer de plus fortes interactions entre ces acteurs urbains en les fédérant autour de l’immobilier et in fine du “chez-soi”. La ville intelligente se structure finalement autour du citadin, de son logement, de ses déplacements, de sa place de parking. C’est aujourd’hui lui qui donne le tempo de cette révolution que portent toutes ces startups de la smartcities

L’immobilier à l’heure du digital

Le marché de l’immobilier a tardé à prendre le pas sur les nouvelles technologies. Il reste en effet toujours en proie à des contrôles et des lourdeurs administratives. Les professions relatives à ce marché sont tout aussi hermétiques à un changement rapide. Par ailleurs, la volatilité qu’on prête à ce marché pourrait avoir tendance à freiner les initiatives de rupture sur ce marché. Pourtant, les trois dernières années ont vu l’essor d’un certain nombre d’innovations sur ce marché séculier.

L’immobilier disrupté : Des agences aux marketplaces 2.0

D’un marché strictement contrôlé avant 1945, la loi dite de 1948 vient apporter une liberté dans la fixation des loyers sur les logements neufs et rénovés. L’immobilier devient alors un terrain de jeu pour les investisseurs. Les années de forte croissance qui s’ensuivent sont un théâtre de construction et de spéculation immobilière. La “pierre” devient le nouvel appât d’une nouvelle bourgeoisie naissante. Les années 1960 ainsi signent les “20 Glorieuse de l’immobilier”. Les 700 000 rapatriés d’Algérie en 1962, l’explosion des naissances sont profitables aux propriétaires de biens qui font rapidement appel à des agences pour gérer la location et obtenir les meilleurs rendements.

En 2013, la France compte environ 27 000 agences. Parallèlement les années 2000 sont marquées par les progrès d’internet et notamment l’ère des comparateurs online. Des méta-agence comme MeilleursAgents, Drimki, Paradissimo ou Efficity donnent un souffle à ces entités devenues vétustes. Rapidement, des startups prennent le relais et foncent sur le créneau de l’agence en ligne épargnant locataires et propriétaires de prérogatives réglementaires (SeLoger, PAP…). Des initiatives encore plus consumer-centric comme Estately, Somhome en vont jusqu’à développer des “Tinder de l’immobilier”.

Le Big Data au coeur de la machine

Plus récemment encore, les avancées de l’intelligence artificielle ont ouvert de larges antres sur le marché de l’immobilier. Une problématique majeure dans l’immobilier est de savoir précisément ce que vaudra un bien à échéance de plusieurs années. Il est néanmoins possible d’approcher sensiblement des prévisions grâce à l’utilisation de données en masse. La démocratisation des data transactionnelles (cf. Service Patrim, l’ouverture progressive des bases de notaires permettent aux entreprises du secteur d’exploiter une source intarissable d’informations directement exploitables.

L’enjeu pour ces startups est de pouvoir prédire à la rue près le prix d’un bien dans X années. Les Etats-Unis ont un temps d’avance sur ce créneau, en témoigne la Startup Zillow (SeLoger dans sa version US) qui fournit une prévision du prix des biens dans un an. La Startup OpenDoor va encore plus loin dans l’utilisation du Big Data. L’acteur américain prédit de manière chirurgicale la valeur qu’elle va pouvoir tirer d’un bien et propose directement une offre de rachat en ligne au propriétaire. Sous réserve d’un bon état des lieux, l’argent est directement reversé au propriétaire. La startup a déjà levé 320 millions de dollars. Son homologue français Homeloop tente d’amorcer la même révolution digitale sur le secteur immobilier français.

En somme, l’immobilier est un marché propice à l’innovation. De nombreux acteurs viennent réédifier ce marché au demeurant bridé et contrôlé. Cette disruption vertueuse a encore de belles promesses à offrir. La réalité virtuelle et la domotique vont rapidement ouvrir de nouvelles opportunités et dessiner les contours de l’immobilier de demain.